L’apologie de la lassitude.

Cette bipolarité contemporaine qui prône l’éphémère.

Delfi de la Rua from Unsplash.

Vous l’avez remarqué vous aussi? Ou c’est seulement moi qui suis dans un carcan de constats alimentés par mes propres expériences et pensées?

Plus j’avance avec mon époque, et plus je remarque un penchant croissant pour l’intérêt soudain (et excessif) envers une activité, un projet ou même une personne. Intérêt qui s’avère être de très courte durée. À peine l’adrénaline fut montée que le désintérêt prends la relève, graduellement.

Comme si notre curiosité avait une obsolescence programmée.

C’est donc ça le XXIème siècle? De constamment se désintéresser de son environnement, son entourage? Et pour faire place à quoi; la paresse, la routine, l’ennui et à cette lassitude latente (toujours là pour nous servir).

Cette bipolarité serait-elle le fléau contemporain de l’humanité?

Le désintéressement prématuré de nos partenaires sentimentaux.

La bipolarité concerne principalement ce domaine pour ma part. L’intérêt est en dent de scie, soit beaucoup trop virulent à ses débuts et beaucoup trop désintéressé après seulement quelques jours (oui! Jours!) de bavardage.

La conversation se veut altruiste mais n’est qu’en réalité que très auto-centrée. On recherche la valeur ajoutée que l’on peut tirer de cette rencontre, et non plus le fait de connaître le caractère authentique de la personne.

On recherche le rendement de la relation avant même d’avoir fait l’effort minimum requis.

Et c’est dans ce sens que les conversations émoustillées sur les applications de dating tournent au YouPorn épistolaire…

Existant n’est-ce pas? (…)

Peut-être que nous sommes confrontés à trop de choix. Cet amas de possibilités de se lier d’amour (ou d’une intimité purement physique, c’est vous qui voyez) ne fait finalement que de nous déculpabiliser du ghost.

L’offre est si riche face à une demande si confuse.

On ne choisit plus son partenaire de vie mais un profil.

Florian Klauer from Unsplash.

La lassitude de nos hobbies.

Là aussi, on a tendance à switcher de manière assez intempestive. On s’intéresse à une activité (autrement dit dans notre ère contemporaine, une tendance sur nos réseaux sociaux adulés…), on relaie tout azimut notre nouvelle passion, pour la délaisser un infime temps plus tard.

Là également, l’effort n’est qu’à ses premiers pas. Spoiler alerte: il ne marchera pas (pour ne jamais dire jamais).

Est-ce notre concentration dorénavant sur-sollicitée qui nous dirigent vers une époque où l’on prône l’éphémère?

Sommes-nous devenus insensibles à tout ce qui est pérenne?

Une chose est sûre, c’est que l’on prône la réussite, ce résultat final tant mis en valeur, sans s’attarder sur les étapes fastidieuses par lesquelles il a fallu passer avant d’en arriver là. Les formats de vidéos de courte durée type Reels ou TikTok n’aident pas en la matière. On montre un acharnement de dizaines d’heures en moins de trente seconde.

Tout doit paraître facile. Du moins à l’écran.

Et c’est lorsque l’on s’attarde sur l’activité en question que l’on prend en plein fouet le fameux stade de médiocrité. Soit ce stade débutant que tout le monde veut snober allègrement.

Petit article qui aborde ce fameux stade tant redouté…

Réel épuisement moral, recherche identitaire ou tendance des temps modernes?

Je dirai que l’on saupoudre la lassitude d’un peu de ces trois ingrédients narquois. Mais, afin de ne pas terminer sur une note (trop) négative, on va essayer de réfléchir à des pistes de sortie positives.

Il est vrai que ces aléas d’émotions participent clairement à notre épuisement mental. Ces pics d’adrénaline deviennent peu à peu des pics de dégoût qui laissent place à cette antipathie que l’on devrait redouter. Changer de partenaires sans jamais trouver satisfaction relève du style d’attachement évitant, si l’on suit la psychologie. Et cette dynamique participe grandement à la frustration et à une implication qui devient peu à peu latente. Mais nous ne sommes pas tous concernés par ce style d’attachement, Dieu merci.

Et si l’on s’intéressait tout d’abord à ce que l’on ne veut pas avant de chercher ce que l’on veut? On peut commencer par ce biais de penser si savoir ce que l’on veut intrinsèquement s’avère une quête trop dense.

Et si l’on prenait le temps de régler nos problèmes soigneusement enfouis qui ont créé l’armure d’aujourd’hui une bonne fois pour toute?

Peut-être que ces questionnements sont la première étape, non pas pour casser cette tendance, mais pour la refouler de manière purement subjective.

Choisir de ne plus perdre son temps avec des tendances comportementales qui ne nous correspondent plus.

C’est sûr que lorsque l’on vague entre diverses activités sans un fil conducteur distinct, on passe pour une personne dispersée. Cela peut cependant être mis en valeur! Comme pour les profils dits “Slasheurs”. Pour le coup, c’est une tendance dans laquelle je me reconnais plutôt bien. Où la créativité et nos différentes personnalités professionnelles se retrouvent dans une pluralité de métiers tout en ayant une ambition commune.

Mais cette disparité créative doit être maîtrisée, au risque de se perdre.

Et c’est en abandonnant avant même d’avoir essayé que l’on s’égard... Ne flanchons pas devant l’obsolescence programmée de notre attention (et encore moins de notre créativité #HorreurMalheur).

Tendance des temps modernes?

C’est bien la seule chose que je souhaite qui soit éphémère…

French Digital Marketing Manager living in Madrid & English Writer about emotions, leadership & marketing. My world’s point of view with a pinch of sarcasm.

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